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Analyse d'impact (AIPD) : quand est-elle obligatoire et que doit-elle contenir En vigueur

Contenu sous la responsabilité d'Andreas Warkentin (warepoint-media GbR) · dernière modification le 2026-08-14 · dernière vérification le 2026-08-14 · autorité de la source A Signaler une erreur ✉
Protection des données RGPD CNIL AIPD DPIA Analyse d'impact France
Réponse courte Une analyse d'impact relative à la protection des données est obligatoire avant tout traitement susceptible d'engendrer un risque élevé pour les droits et libertés des personnes. En pratique, la CNIL considère qu'elle s'impose si le traitement figure dans sa liste de quatorze types d'opérations (délibération n° 2018-327 du 11 octobre 2018) ou s'il remplit au moins deux des neuf critères du CEPD. L'analyse doit contenir quatre éléments minimaux fixés à l'article 35.7 du RGPD. Si un risque élevé subsiste malgré les mesures prévues, la CNIL doit être consultée et répond en 8 semaines, prolongeables de 6 semaines. Le manquement est sanctionné jusqu'à 10 millions d'euros ou 2 % du chiffre d'affaires mondial.

Faits essentiels

PointValeur
Fondementarticle 35 du RGPD (règlement (UE) 2016/679) A
Critère de déclenchementtraitement susceptible d'engendrer un risque élevé pour les droits et libertés des personnes physiques A
Moment de réalisationavant la mise en œuvre du traitement A
Liste CNIL « AIPD requise »14 types d'opérations de traitement A
Liste CNIL « AIPD non requise »12 types d'opérations de traitement A
Règle des critères du CEPD (ex-G29)au moins 2 des 9 critères des lignes directrices WP248 rév. 01 B
Contenu minimal de l'AIPD4 éléments : description systématique, évaluation de la nécessité et de la proportionnalité, évaluation des risques, mesures envisagées A
Délai de réponse de la CNIL en consultation préalable8 semaines, prolongeables de 6 semaines (14 semaines au maximum, hors suspension) A
Sanction maximale10 000 000 € ou 2 % du chiffre d'affaires annuel mondial total de l'exercice précédent, le montant le plus élevé étant retenu A

Le critère général (article 35.1 RGPD)

Une AIPD est obligatoire « lorsqu'un type de traitement, en particulier par le recours à de nouvelles technologies, et compte tenu de la nature, de la portée, du contexte et des finalités du traitement, est susceptible d'engendrer un risque élevé pour les droits et libertés des personnes physiques ». Elle doit être réalisée avant la mise en œuvre du traitement.

Une seule analyse peut porter sur un ensemble d'opérations de traitement similaires présentant des risques élevés similaires.

Les trois cas de l'article 35.3

L'AIPD est requise en particulier dans les cas suivants :

La méthode CNIL : listes + critères du CEPD

En pratique, la CNIL retient qu'une AIPD est nécessaire dans deux hypothèses.

1. Le traitement figure sur la liste des types d'opérations pour lesquels une AIPD est obligatoire. Cette liste, adoptée par la délibération n° 2018-327 du 11 octobre 2018 (publiée au JORF du 6 novembre 2018), comporte quatorze types d'opérations de traitement. Une liste symétrique des traitements pour lesquels une AIPD n'est pas requise a été adoptée par la délibération n° 2019-118 du 12 septembre 2019 et comporte douze types d'opérations.

2. Le traitement remplit au moins deux des neuf critères issus des lignes directrices du G29 (WP248 rév. 01), reprises par le Comité européen de la protection des données :

  1. évaluation ou *scoring*, y compris le profilage ;
  2. décision automatisée avec effet juridique ou similaire ;
  3. surveillance systématique ;
  4. données sensibles ou données à caractère hautement personnel ;
  5. données personnelles collectées à large échelle ;
  6. croisement de données ;
  7. personnes vulnérables (patients, personnes âgées, enfants…) ;
  8. usage innovant, recours à une nouvelle technologie ;
  9. exclusion du bénéfice d'un droit ou d'un contrat.

Aucune de ces listes n'est exhaustive : un traitement qui n'y figure pas peut néanmoins devoir faire l'objet d'une AIPD s'il est susceptible d'engendrer un risque élevé.

Contenu minimal de l'AIPD (article 35.7)

L'analyse contient au moins :

La CNIL met à disposition le logiciel libre PIA pour conduire et formaliser l'analyse.

Consultation préalable de la CNIL (article 36)

Si l'AIPD indique que le traitement présenterait un risque élevé en l'absence de mesures d'atténuation, le responsable du traitement doit consulter l'autorité de contrôle avant la mise en œuvre.

La CNIL rend un avis écrit dans un délai de 8 semaines à compter de la réception de la demande. Ce délai peut être prolongé de 6 semaines en fonction de la complexité du traitement, le responsable devant en être informé dans le mois. Les délais peuvent être suspendus jusqu'à l'obtention des informations demandées. Le délai maximal est donc de 14 semaines, hors suspension.

Traitements antérieurs au 25 mai 2018

Position de la CNIL : les traitements ayant fait l'objet d'une formalité préalable auprès de la CNIL avant le 25 mai 2018, ceux dispensés de formalité et ceux consignés au registre d'un correspondant informatique et libertés (CIL) bénéficiaient d'une dispense limitée à trois ans. À l'issue de ce délai, une AIPD devait être réalisée si le traitement était susceptible d'engendrer un risque élevé.

Une AIPD était en revanche exigée sans attendre pour tout nouveau traitement postérieur au 25 mai 2018, pour les traitements antérieurs n'ayant fait l'objet d'aucune formalité, et pour les traitements dispensés faisant l'objet d'une modification significative.

Sanction

Le manquement à l'obligation d'analyse d'impact relève de l'article 83.4 a) du RGPD : amende administrative pouvant s'élever jusqu'à 10 000 000 € ou, pour une entreprise, jusqu'à 2 % du chiffre d'affaires annuel mondial total de l'exercice précédent, le montant le plus élevé étant retenu.

Sources

Dernière modification:
2026-08-14
Dernière vérification:
2026-08-14
En vigueur depuis:
2018-05-25
Statut:
En vigueur
Autorité de la source:
A
Licence:
CC BY 4.0