Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) : conditions d'affiliation, différés et durée d'indemnisation En vigueur
Faits essentiels
| Point | Valeur |
|---|---|
| Affiliation minimale – cas général | 130 jours travaillés ou 910 heures au cours des 24 mois précédant la fin du contrat |
| Affiliation minimale – 55 ans et plus | 130 jours travaillés ou 910 heures au cours des 36 mois précédant la fin du contrat |
| Affiliation dérogatoire – primo-entrants et saisonniers | 108 jours travaillés ou 758 heures (5 mois) |
| Assimilation des périodes de formation | dans la limite de 2/3 du nombre de jours travaillés |
| Durée minimale d'indemnisation | 182 jours (152 jours pour les saisonniers relevant de l'affiliation dérogatoire) |
| Coefficient appliqué à la durée d'indemnisation | 0,75, pour les fins de contrat intervenues à compter du 1er février 2023 |
| Durée maximale – moins de 55 ans | 548 jours |
| Durée maximale – 55 et 56 ans | 685 jours (822 jours avec formation en cours d'indemnisation) |
| Durée maximale – 57 ans et plus | 822 jours (959 jours avec formation en cours d'indemnisation) |
| Complément de fin de droits (conjoncture dégradée) | jusqu'à 182 / 228 / 273 jours selon l'âge, portant le maximum à 730 / 913 / 1 095 jours |
| Plafond du différé congés payés | 30 jours calendaires |
| Plafond du différé spécifique (indemnités supra-légales) | 150 jours ; 75 jours en cas de licenciement économique |
| Délai d'attente | 7 jours, sauf s'il a déjà été appliqué dans les 12 derniers mois |
| Plafond des jours non travaillés retenus dans la durée | 70 % du nombre de jours travaillés |
| Démission – seuil de neutralisation | moins de 65 jours travaillés ou 455 heures depuis la démission |
| Délai de saisine de l'instance paritaire après démission | 121 jours |
Les sept conditions d'accès
Pour bénéficier de l'ARE, le demandeur d'emploi doit cumulativement :
- être inscrit comme demandeur d'emploi auprès de France Travail ;
- ne pas avoir atteint l'âge légal de départ à la retraite avec le nombre de trimestres requis (l'indemnisation prend fin au plus tard à l'âge de la retraite à taux plein d'office) ;
- justifier de la durée d'affiliation requise (voir ci-dessous) ;
- être involontairement privé d'emploi ;
- être physiquement apte à travailler ;
- être à la recherche effective et permanente d'un emploi, dans le cadre d'un contrat d'engagement ;
- résider sur un territoire couvert par l'assurance chômage (France métropolitaine, Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion — hors Mayotte, qui relève d'un régime distinct —, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin).
Durée d'affiliation exigée
| Situation | Affiliation minimale | Période de référence | | --- | --- | --- | | Cas général, moins de 55 ans | 130 jours travaillés ou 910 heures (≈ 6 mois) | 24 mois précédant la fin du contrat | | 55 ans et plus | 130 jours travaillés ou 910 heures (≈ 6 mois) | 36 mois précédant la fin du contrat | | Travailleurs saisonniers et allocataires primo-entrants | 108 jours travaillés ou 758 heures (5 mois) | 24 ou 36 mois selon l'âge |
Précisions de décompte :
- les jours travaillés sont décomptés par semaine civile : 5 jours retenus pour toute période d'emploi de 5 à 7 jours dans la semaine, 1 à 4 jours pour une période inférieure à 5 jours travaillés ;
- les périodes de travail n'ont pas à être continues et peuvent avoir été accomplies chez plusieurs employeurs ;
- les périodes déjà utilisées pour une précédente indemnisation ne sont pas reprises ;
- les périodes de formation professionnelle peuvent être assimilées à du travail, dans la limite de 2/3 du nombre de jours travaillés ;
- les périodes de suspension du contrat (accident du travail, maladie professionnelle, congé de maternité ou de paternité) comptent pour une journée d'affiliation par jour de suspension ; les congés sabbatiques, congés sans solde ou assimilés d'une durée au moins égale à un mois civil, ainsi que les périodes de disponibilité de la fonction publique, sont exclus.
Privation involontaire d'emploi
La démission du dernier emploi — ou d'un emploi précédent lorsque moins de 65 jours travaillés ou 455 heures ont été accomplis depuis — ferme en principe le droit à l'ARE. Trois correctifs existent :
- les démissions considérées comme légitimes (suivi du conjoint muté, par exemple) ;
- la rupture conventionnelle et la rupture d'un commun accord, qui ouvrent droit à l'allocation ;
- le réexamen par l'instance paritaire régionale au terme d'un délai de 121 jours à compter de la démission, au regard des démarches accomplies pour retrouver un emploi ;
- le projet de reconversion professionnelle réel et sérieux du salarié démissionnaire.
Point de départ de l'indemnisation : différés et délai d'attente
L'indemnisation ne débute pas à la fin du contrat. S'appliquent successivement :
| Élément | Calcul | Plafond | | --- | --- | --- | | Différé congés payés | indemnité compensatrice de congés payés ÷ salaire journalier de référence | 30 jours calendaires | | Différé spécifique (indemnités de rupture supra-légales) | indemnités supra-légales ÷ 109,6 (valeur au 1er janvier 2025, indexée sur le plafond annuel de la sécurité sociale) | 150 jours ; 75 jours en cas de licenciement économique | | Délai d'attente | forfaitaire | 7 jours, sauf s'il a déjà été appliqué au cours des 12 derniers mois |
Durée d'indemnisation
La durée d'indemnisation dépend de l'âge à la fin du contrat de travail et du nombre de jours calendaires compris entre le premier jour du premier contrat et le dernier jour du dernier contrat identifiés dans la période de référence. Les jours non travaillés retenus ne peuvent excéder 70 % du nombre de jours travaillés.
Un coefficient de 0,75 est appliqué à la durée pour les fins de contrat de travail intervenues à compter du 1er février 2023.
| Âge à la fin du contrat | Durée minimale | Durée maximale (après coefficient 0,75) | Maximum avec complément de fin de droits | | --- | --- | --- | --- | | Moins de 55 ans | 182 jours (152 jours pour les saisonniers relevant de la condition d'affiliation dérogatoire) | 548 jours | 730 jours | | 55 et 56 ans | 182 jours | 685 jours (822 jours en cas de formation suivie en cours d'indemnisation) | 913 jours (1 050 jours avec allongement pour formation) | | 57 ans et plus | 182 jours | 822 jours (959 jours en cas de formation suivie en cours d'indemnisation) | 1 095 jours |
Complément de fin de droits : en cas de conjoncture économique dégradée constatée par arrêté du ministre chargé du travail, les allocataires en fin de droits (moins de 30 jours d'allocation restants) peuvent bénéficier d'un complément égal à la différence entre la durée sans coefficient et la durée après coefficient : au maximum 182 jours avant 55 ans, 228 jours à 55 et 56 ans et 273 jours à partir de 57 ans.
Maintien jusqu'à la retraite à taux plein
Les demandeurs d'emploi qui n'ont pas le nombre de trimestres requis à l'âge légal peuvent continuer à percevoir l'ARE jusqu'à l'obtention d'une retraite à taux plein, dans la limite de leurs droits, l'indemnisation cessant au plus tard à l'âge d'attribution d'office du taux plein (67 ans pour les générations concernées).
Calcul de l'allocation
L'ARE est une allocation journalière versée mensuellement sur une base de 30 jours calendaires. Elle est calculée à partir des salaires soumis à contributions d'assurance chômage perçus entre le premier et le dernier jour de travail identifiés dans la période de référence, primes comprises. Sont exclues les sommes versées en raison de la rupture du contrat : indemnités de licenciement, de rupture conventionnelle, compensatrices de préavis, de non-concurrence, de congés payés, de compte épargne-temps et indemnités transactionnelles.
Sources
- Légifrance – Article L. 5422-1 du code du travail (conditions d'attribution de l'allocation d'assurance): https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000046774640
- Légifrance – Article L. 5422-2 du code du travail (durées d'attribution): https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000054241899
- Légifrance – Sous-section 1 : Conditions d'attribution (art. L. 5422-1 à L. 5422-2-2 du code du travail): https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072050/LEGISCTA000006195891/
- service-public.fr – Allocation chômage d'aide au retour à l'emploi (ARE) d'un salarié du privé (fiche F14860): https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F14860
- travail-emploi.gouv.fr – Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE): https://travail-emploi.gouv.fr/emploi/indemnisation/article/allocation-d-aide-au-retour-a-l-emploi-are
- Unédic – Fiche thématique « Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) », mise à jour du 30 avril 2026: https://www.unedic.org/la-reglementation/fiches-thematiques/allocation-d-aide-au-retour-a-l-emploi-are
- France Travail – Ai-je droit à l'allocation chômage (ARE) ?: https://www.francetravail.fr/candidat/mes-droits-aux-aides-et-allocati/lessentiel-a-savoir-sur-lallocat/ai-je-droit-a-lallocation-chomag.html