Nexvyra

Caméras aéroportées et drones pour la protection des installations militaires : cadre juridique et garanties En vigueur

Contenu sous la responsabilité d'Andreas Warkentin (warepoint-media GbR) · dernière modification le 2026-08-17 · dernière vérification le 2026-08-17 · autorité de la source A Signaler une erreur ✉
Défense Drones Installations militaires Code de la défense CNIL Données personnelles France
Réponse courte Les articles L. 2364-1 à L. 2364-4 du code de la défense, issus de la loi n° 2021-646 du 25 mai 2021 pour une sécurité globale préservant les libertés, autorisent les services de l'État concourant à la défense nationale, à la sûreté de l'État et à la sécurité intérieure à procéder à la captation, à l'enregistrement et à la transmission d'images au moyen de caméras installées sur des aéronefs, aux seules fins de protection des installations militaires. L'arrêté du 27 octobre 2025, pris après avis de la CNIL (délibération n° 2025-060 du 24 juillet 2025), autorise la mise en œuvre des traitements de données correspondants. Les données sont conservées au maximum trente jours à compter de la fin du déploiement du dispositif. Les opérations ne doivent pas permettre de visualiser l'intérieur des domiciles ni leurs entrées, et font l'objet d'un journal conservé de un à trois ans.

Faits essentiels

PointValeur
Base légaleArticles L. 2364-1 à L. 2364-4 du code de la défense, introduits par la loi n° 2021-646 du 25 mai 2021 pour une sécurité globale préservant les libertés A
Contrôle de constitutionnalitéDécision n° 2021-817 DC du 20 mai 2021 du Conseil constitutionnel A
Texte d'applicationArrêté du 27 octobre 2025 portant autorisation de mise en œuvre de traitements automatisés de données à caractère personnel au moyen de dispositifs installés sur des aéronefs à des fins de protection des installations militaires A
Avis préalableDélibération CNIL n° 2025-060 du 24 juillet 2025 A
FinalitéSeule finalité : assurer la protection des installations militaires B
Responsables de traitementMinistre de la Défense et ministre de l'Intérieur (direction générale de la Gendarmerie nationale) B
Notion d'installations militairesZones militaires, zones protégées et zones de défense hautement sensibles au sens du code de la défense, ainsi que zones temporaires fixées par arrêté préfectoral ; emprises au sol et engins en mouvement (navires, convois) B
Durée de conservation des données30 jours maximum à compter de la fin du déploiement du dispositif B
InterdictionLes captations ne doivent pas permettre de visualiser l'intérieur des domiciles ni leurs entrées B
Journal des opérationsConservé pendant une durée minimale d'un an et dans la limite de trois ans B
Données enregistréesImages hors son ; jour et heure ; identité et/ou numéro d'identification du pilote, télépilote ou opérateur ; immatriculation de l'aéronef le cas échéant ; lieu ou zone géographique A

Le cadre législatif

La loi n° 2021-646 du 25 mai 2021 pour une sécurité globale préservant les libertés a introduit les articles L. 2364-1 à L. 2364-4 du code de la défense, réunis dans un chapitre intitulé « Dispositifs techniques concourant à la protection des installations militaires ».

Ces articles autorisent les services de l'État concourant à la défense nationale, à la sûreté de l'État et à la sécurité intérieure à procéder à la captation, à l'enregistrement et à la transmission d'images au moyen de caméras installées sur des aéronefs, aux fins de protection des installations militaires.

Ce cadre législatif a été examiné par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2021-817 DC du 20 mai 2021.

L'arrêté du 27 octobre 2025

Le dispositif a été précisé par l'arrêté du 27 octobre 2025 portant autorisation de mise en œuvre de traitements automatisés de données à caractère personnel au moyen de dispositifs installés sur des aéronefs à des fins de protection des installations militaires, pris après avis de la CNIL (délibération n° 2025-060 du 24 juillet 2025).

L'arrêté vise notamment les articles L. 2364-1 et suivants du code de la défense, l'article L. 421-2 du code de la sécurité intérieure et l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978.

Selon le ministère des Armées, il permet de « couvrir l'ensemble des traitements de données à caractère personnel provenant de ces caméras installées sur des aéronefs et mis en œuvre afin de garantir la protection des installations militaires ».

Une finalité unique

Le ministre de la Défense et le ministre de l'Intérieur (direction générale de la Gendarmerie nationale) peuvent mettre en œuvre ces traitements ayant pour seule finalité d'assurer la protection des installations militaires.

Ce que recouvre la notion d'« installations militaires »

Sont visées tant les emprises au sol (terrains et bâtiments) que les engins en mouvement affectés à l'autorité militaire ou placés sous son contrôle — par exemple des navires ou des convois militaires.

Données enregistrées

Selon l'arrêté, les catégories de données à caractère personnel enregistrées comprennent :

Garanties encadrant l'usage

| Garantie | Règle | |---|---| | Durée de conservation | 30 jours maximum à compter de la fin du déploiement du dispositif, sauf données conservées dans le cadre d'une procédure judiciaire, administrative ou disciplinaire | | Accès | Militaires chargés de la sécurité des installations militaires et leurs responsables hiérarchiques, dans la limite de leurs attributions et du besoin d'en connaître | | Vie privée | Les opérations de captation doivent être réalisées de telle sorte qu'elles ne permettent pas de visualiser l'intérieur des domiciles ni leurs entrées | | Traçabilité | Journal comprenant la finalité poursuivie, l'identifiant de l'auteur, la date, l'heure, la durée des enregistrements, le motif de l'opération et, le cas échéant, les destinataires des données, y compris en cas de renvoi en temps réel | | Conservation du journal | Durée minimale d'un an, dans la limite de trois ans | | Intégrité | Les caméras sont équipées de dispositifs techniques garantissant l'intégrité des enregistrements jusqu'à leur effacement |

Articulation avec les zones interdites de survol

La protection des installations militaires s'appuie également sur des zones interdites ou zones interdites temporaires créées par arrêté et publiées au Journal officiel, notamment pour les besoins de la lutte anti-drone. Plusieurs arrêtés de ce type ont été publiés en 2026 (par exemple l'arrêté du 20 avril 2026 créant la zone interdite temporaire « ZIT Canjuers » dans le Var).

Ces zones relèvent d'un régime distinct de celui de la captation d'images : elles restreignent le survol, tandis que les articles L. 2364-1 et suivants encadrent l'usage de caméras aéroportées par les services de l'État.

Sources

Dernière modification:
2026-08-17
Dernière vérification:
2026-08-17
En vigueur depuis:
2021-05-27
Statut:
En vigueur
Autorité de la source:
A
Licence:
CC BY 4.0