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Vidéosurveillance au travail : règles CNIL, information des salariés et durée de conservation En vigueur

Contenu sous la responsabilité d'Andreas Warkentin (warepoint-media GbR) · dernière modification le 2026-08-15 · dernière vérification le 2026-08-15 · autorité de la source B Signaler une erreur ✉
Vidéosurveillance Vidéoprotection Surveillance des salariés CNIL RGPD Droit du travail France
Réponse courte Un employeur ne peut installer des caméras sans définir une finalité légale et légitime, par exemple la sécurité des biens et des personnes. Les caméras ne doivent pas placer les salariés sous surveillance permanente : elles ne peuvent pas filmer les postes de travail (sauf circonstances particulières), les zones de pause ou de repos, les toilettes ni les locaux syndicaux ou des représentants du personnel. La durée de conservation des images n'excède en principe pas un mois. Les salariés et visiteurs doivent être informés par des panneaux affichés en permanence et de façon visible, et les instances représentatives du personnel doivent être informées et consultées avant toute décision d'installation. Un dispositif filmant un lieu ouvert au public doit être autorisé par le préfet.

Faits essentiels

PointValeur
Durée de conservation des imagesen principe un mois maximum ; quelques jours suffisent en règle générale B
Filmer les postes de travailinterdit, sauf circonstances particulières B
Zones interditeszones de pause ou de repos, toilettes, locaux syndicaux et des représentants du personnel B
Instances représentatives du personnelinformation et consultation obligatoires avant toute décision d'installation A
Lieu non ouvert au publicaucune formalité auprès de la CNIL ; inscription au registre des traitements B
Lieu ouvert au publicautorisation préalable du préfet du département (préfet de police à Paris) B
Analyse d'impact (AIPD)obligatoire en cas de surveillance systématique à grande échelle d'une zone accessible au public B
Enregistrement du sonréservé à des situations particulières, déclenchement à l'initiative de l'employé B

Une finalité légale et légitime obligatoire

Un employeur ne peut pas installer des caméras dans ses locaux sans définir un objectif légal et légitime. Les caméras peuvent par exemple être installées à des fins de sécurité des biens et des personnes, à titre dissuasif ou pour identifier les auteurs de vols, de dégradations ou d'agressions.

Les caméras ne peuvent pas conduire à placer les employés sous surveillance constante et permanente (principe de proportionnalité, art. L1121-1 du code du travail).

Où peut-on installer des caméras ?

Emplacements admis : entrées et sorties des bâtiments, issues de secours, voies de circulation, zones où sont entreposés marchandises ou biens de valeur.

Emplacements exclus :

L'enregistrement du son est réservé à des situations particulières et ne doit pouvoir être déclenché qu'à l'initiative d'un employé en cas d'événement le justifiant (agression par exemple).

Si les images sont accessibles à distance, cet accès doit être sécurisé (mot de passe robuste, connexion HTTPS, etc.) et ne doit pas conduire à surveiller les employés pour leur faire des remarques sur la qualité de leur travail.

Qui peut consulter les images ?

Seules les personnes habilitées par l'employeur dans le cadre de leurs fonctions (par exemple le responsable de la sécurité). Ces personnes doivent être formées et sensibilisées aux règles applicables, et l'accès aux images doit être sécurisé.

Durée de conservation

L'employeur doit définir une durée de conservation en lien avec la finalité poursuivie. En principe, cette durée n'excède pas un mois. En règle générale, conserver les images quelques jours suffit, sauf circonstances exceptionnelles, pour effectuer les vérifications nécessaires en cas d'incident et enclencher d'éventuelles procédures disciplinaires ou pénales.

Si une procédure est engagée, les images sont extraites du dispositif — l'opération étant consignée dans un cahier spécifique — et conservées pour la durée de la procédure. La durée maximale ne doit pas être fixée en fonction de la seule capacité technique de stockage de l'enregistreur.

Information des personnes

Les employés et les visiteurs doivent être informés au moyen de panneaux affichés en permanence, de façon visible, comportant a minima, outre le pictogramme d'une caméra :

Les autres informations exigées par l'article 13 du RGPD et l'article 104 de la loi « Informatique et Libertés » (base légale, destinataires y compris hors UE, décision automatisée ou profilage éventuels) peuvent être portées à la connaissance des personnes par d'autres moyens, notamment un site internet ou l'intranet.

Formalités

| Situation | Formalité | | --- | --- | | Lieu non ouvert au public (lieux de stockage, réserves, zones dédiées au personnel) | Aucune formalité auprès de la CNIL. Inscription obligatoire au registre des traitements. Le DPO, s'il en existe un, doit être associé. | | Lieu ouvert au public (entrées et sorties du public, zones marchandes, comptoirs, caisses) | Autorisation du préfet du département (préfet de police à Paris). | | Surveillance systématique à grande échelle d'une zone accessible au public | Analyse d'impact (AIPD) obligatoire. |

Instances représentatives du personnel

Les instances représentatives du personnel doivent être informées et consultées avant toute décision d'installer des caméras (art. L2312-38 du code du travail).

Recours

En cas de dispositif non conforme, il est possible de saisir : le service des plaintes de la CNIL, l'inspection du travail, les services de la préfecture si les caméras filment des lieux ouverts au public, les services de police ou de gendarmerie, ou le procureur de la République.

Sources

Dernière modification:
2026-08-15
Dernière vérification:
2026-08-15
En vigueur depuis:
2026-08-17
Statut:
En vigueur
Autorité de la source:
B
Licence:
CC BY 4.0