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Congé pour reprise du logement : bénéficiaires limitatifs, préavis de 6 mois et sanction de la reprise frauduleuse En vigueur

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Congé pour reprise Bail d'habitation Loi 89-462 Préavis Locataire protégé France
Réponse courte Le bailleur qui souhaite récupérer son logement doit délivrer un congé pour reprise avec un préavis de six mois, notifié par lettre recommandée avec avis de réception, par acte de commissaire de justice ou remis en main propre contre récépissé. À peine de nullité, le congé indique le motif, les nom et adresse du bénéficiaire de la reprise et la nature du lien qui l'unit au bailleur ; le bénéficiaire ne peut être que le bailleur, son conjoint, son partenaire de PACS enregistré à la date du congé, son concubin notoire depuis au moins un an, ses ascendants, ses descendants ou ceux de son conjoint, partenaire ou concubin. Le bailleur doit justifier du caractère réel et sérieux de sa décision de reprise, et une notice d'information doit être jointe au congé. Le juge peut vérifier d'office la réalité du motif et déclarer le congé non valide. Un congé frauduleusement justifié par une reprise est puni d'une amende pénale plafonnée à 6 000 € pour une personne physique et 30 000 € pour une personne morale.

Faits essentiels

PointValeur
Délai de préavis (congé du bailleur)6 mois A
Bénéficiaires possibles de la reprisebailleur, conjoint, partenaire de PACS enregistré à la date du congé, concubin notoire depuis au moins un an, ascendants, descendants, ou ceux du conjoint, du partenaire ou du concubin A
Mentions obligatoires à peine de nullitémotif allégué ; nom et adresse du bénéficiaire ; nature du lien entre le bailleur et le bénéficiaire A
Charge de la preuvele bailleur justifie du caractère réel et sérieux de sa décision de reprise A
Notice d'information jointe au congéobligatoire ; contenu fixé par l'arrêté du 13 décembre 2017 A
Achat d'un logement occupési le terme du bail intervient moins de 2 ans après l'acquisition, le congé pour reprise ne prend effet qu'à l'expiration de 2 ans à compter de la date d'acquisition A
Protection du locataire âgéplus de 65 ans et ressources annuelles inférieures au plafond des logements locatifs conventionnés : pas de congé sans offre de relogement A
Exception à la protection du locataire âgébailleur personne physique de plus de 65 ans, ou dont les ressources annuelles sont inférieures au même plafond A
Date d'appréciationâge apprécié à la date d'échéance du contrat ; ressources appréciées à la date de notification du congé A
Amende pour congé frauduleux (personne physique)montant ne pouvant excéder 6 000 € A
Amende pour congé frauduleux (personne morale)montant ne pouvant excéder 30 000 € A
Suspension du droit de donner congéà compter de l'engagement de la procédure de l'art. L. 511-10 CCH ; levée après 6 mois maximum à défaut d'arrêté A
Version en vigueur de l'article 15depuis le 29 juillet 2023 (modifié par la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, art. 10) A

Un congé qui doit être motivé

Le bailleur ne peut pas mettre fin librement au bail. À l'échéance du contrat, il ne peut donner congé que pour l'un des trois motifs limitatifs de l'article 15, I de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 : sa décision de reprendre le logement, sa décision de vendre, ou un motif légitime et sérieux (notamment l'inexécution par le locataire d'une de ses obligations).

Le congé pour reprise obéit à des règles strictes, parce qu'il prive le locataire de son logement au profit du bailleur ou d'un de ses proches.

Qui peut être bénéficiaire de la reprise

La liste est limitative. Le bénéficiaire ne peut être que :

Un frère, une sœur, un neveu ou un ami ne peuvent donc pas justifier une reprise.

Ce que le congé doit contenir, à peine de nullité

Le congé doit indiquer :

Le bailleur doit en outre justifier du caractère réel et sérieux de sa décision de reprise.

Une notice d'information relative aux obligations du bailleur et aux voies de recours et d'indemnisation du locataire doit être jointe au congé. Son contenu est fixé par l'arrêté du 13 décembre 2017.

Délai et forme

Le délai de préavis est de six mois lorsque le congé émane du bailleur.

Le congé est notifié par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, signifié par acte d'un commissaire de justice, ou remis en main propre contre récépissé ou émargement. Le délai court à compter du jour de la réception de la lettre, de la signification de l'acte ou de la remise en main propre.

Pendant le préavis, lorsque le congé a été notifié par le bailleur, le locataire n'est redevable du loyer et des charges que pour le temps où il a réellement occupé les lieux. À l'expiration du préavis, il est déchu de tout titre d'occupation.

Le cas de l'achat d'un logement occupé

L'acquéreur d'un bien loué ne récupère pas immédiatement la main sur le bail :

Locataires protégés

Le bailleur ne peut pas s'opposer au renouvellement du bail, sans offrir un relogement correspondant aux besoins et possibilités de l'intéressé dans les limites géographiques de l'article 13 bis de la loi n° 48-1360 du 1er septembre 1948, à l'égard :

Cette protection tombe lorsque le bailleur est une personne physique âgée de plus de soixante-cinq ans ou dont les ressources annuelles sont inférieures au même plafond.

L'âge du locataire, de la personne à sa charge et celui du bailleur s'apprécient à la date d'échéance du contrat ; le montant des ressources s'apprécie à la date de notification du congé.

Contrôle du juge et sanction de la fraude

En cas de contestation, le juge peut, même d'office, vérifier la réalité du motif du congé et le respect des obligations de l'article 15. Il peut déclarer le congé non valide si la non-reconduction du bail n'apparaît pas justifiée par des éléments sérieux et légitimes.

Le fait, pour un bailleur, de délivrer un congé justifié frauduleusement par sa décision de reprendre ou de vendre le logement est puni d'une amende pénale dont le montant ne peut être supérieur à 6 000 € pour une personne physique et à 30 000 € pour une personne morale. Le montant est proportionné à la gravité des faits. Le locataire est recevable dans sa constitution de partie civile et dans sa demande de réparation.

Suspension en cas de procédure de sécurité ou de salubrité

La possibilité pour le bailleur de donner congé — ainsi que la durée du bail — est suspendue à compter de l'engagement de la procédure contradictoire prévue à l'article L. 511-10 du code de la construction et de l'habitation (sécurité et salubrité des immeubles bâtis). La suspension est levée à l'expiration d'un délai maximal de six mois à compter de la réception du courrier de l'autorité administrative engageant la procédure, faute de notification d'un arrêté ou en cas d'abandon de la procédure.

Sources

Dernière modification:
2026-08-16
Dernière vérification:
2026-08-16
En vigueur depuis:
2023-07-29
Statut:
En vigueur
Autorité de la source:
A
Licence:
CC BY 4.0