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Rupture conventionnelle individuelle d'un CDI : procédure, délais et indemnité En vigueur

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Rupture conventionnelle CDI Contrat de travail Droit du travail France
Réponse courte La rupture conventionnelle individuelle permet à l'employeur et au salarié de rompre d'un commun accord un CDI (articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du code du travail). Au moins un entretien est obligatoire, puis la convention signée ouvre un délai de rétractation de 15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature. La demande d'homologation est ensuite adressée à la DDETSPP, qui dispose de 15 jours ouvrables à compter du lendemain de la réception : son silence vaut homologation. Le salarié perçoit une indemnité spécifique qui ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement, quelle que soit son ancienneté, et aucun préavis n'est dû. Tout recours doit être porté devant le conseil de prud'hommes dans les 12 mois suivant l'homologation ou son refus.

Faits essentiels

PointValeur
Base légalearticles L. 1237-11 à L. 1237-16 et R. 1237-3 à D. 1237-3-1 du code du travail A
Délai de rétractation15 jours calendaires, à compter du lendemain de la signature de la convention A
Délai d'homologation (DDETSPP)15 jours ouvrables à compter du lendemain de la réception de la demande A
Silence de l'administrationvaut homologation de la convention A
Salarié protégéautorisation de l'inspecteur du travail ; absence de réponse dans 2 mois = rejet B
Entretien préalableau moins un entretien obligatoire ; aucun délai imposé entre l'entretien et la signature B
Préavisaucun préavis n'est prévu B
Indemnité spécifiquedue quelle que soit l'ancienneté ; au moins égale à l'indemnité légale (ou conventionnelle) de licenciement B
Délai de recours prud'homal12 mois à compter de la date d'homologation (art. L. 1237-14) ; même délai retenu en cas de refus d'homologation A
Contrats exclusCDD, intérim, apprentissage, période d'essai, assistantes maternelles B
TéléserviceTéléRC (cerfa n° 14598 à titre exceptionnel) B

Champ d'application

La rupture conventionnelle individuelle (articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du code du travail) permet à l'employeur et au salarié de rompre d'un commun accord un contrat à durée indéterminée. Ce n'est ni un licenciement, ni une démission, et elle ne peut être imposée par l'une des parties.

Elle est exclue pour :

Elle reste possible pendant certaines suspensions du contrat (maladie, accident du travail ou maladie professionnelle, congé de maternité, congé parental, congé sabbatique), dès lors que le consentement de chacun est libre et éclairé.

Procédure — les cinq étapes

  1. Demande : aucun formalisme. Elle peut être orale ou écrite, et l'autre partie n'est pas tenue d'y répondre.
  2. Entretien : au moins un entretien est obligatoire. Le salarié peut s'y faire assister (salarié de l'entreprise, ou conseiller du salarié en l'absence de représentants du personnel) ; l'employeur ne peut se faire assister que si le salarié l'est.
  3. Convention de rupture : rédigée via le téléservice TéléRC, imprimée en 3 exemplaires, datée et signée de manière manuscrite. Un exemplaire signé doit être remis au salarié. Elle fixe la date de fin du délai de rétractation, la date de rupture du contrat et le montant de l'indemnité spécifique.
  4. Rétractation : 15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature, pour chacune des parties, sans motif à donner.
  5. Homologation : la demande est adressée à la DDETSPP à partir du lendemain de la fin du délai de rétractation. L'administration dispose de 15 jours ouvrables à compter du lendemain de la réception pour se prononcer. Le silence vaut homologation.

Salarié protégé

Pour un salarié protégé, la convention est soumise non pas à homologation mais à autorisation de l'inspecteur du travail ; TéléRC ne peut pas être utilisé et le CSE doit être consulté dans les cas prévus. L'absence de réponse dans un délai de 2 mois vaut rejet. La rupture ne peut intervenir que le lendemain du jour de l'autorisation. Le recours se fait dans les 2 mois devant le ministre chargé du travail, et non devant le conseil de prud'hommes.

Indemnité et préavis

Contestation

Tout recours portant sur la convention, l'homologation ou le refus d'homologation relève du conseil de prud'hommes. L'article L. 1237-14 impose, à peine d'irrecevabilité, de le former « avant l'expiration d'un délai de douze mois à compter de la date d'homologation de la convention » ; l'administration retient le même délai de 12 mois en cas de refus d'homologation. La rupture peut être annulée si le consentement du salarié n'était pas libre (par exemple : contexte de harcèlement moral, pressions de l'employeur) ; le salarié perçoit alors les indemnités du licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Sources

Dernière modification:
2026-09-02
Dernière vérification:
2026-09-02
En vigueur depuis:
2008-06-27
Statut:
En vigueur
Autorité de la source:
A
Licence:
CC BY 4.0